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04/11/2013

Story@board : la phase d'émergence passe par la manipulation physique

J'ai le plaisir de reproduire ci dessous  mon interview réalisée par Alexandre FRANK à propos de Story@board (disponible sur Amazon)

"Story@board comporte 100vignettes images qui représentent des scènes de  la

vie de l’entreprise avec lesquelles lesparticipant s’identifient immédiatement"


 

story@board.png


Quelques mots sur story@board et la facilitation visuelle ?

Tout d’abord je tiens à souligner que je n’ai pas encore eu l’occasion de mettre en œuvre votre outil dans ma pratique professionnelle. Je prendrai donc ici la posture de l’expert en mise en scène de l’information.

Je connais, bien entendu,  le principe du photo langage  mais story@board me parait aller beaucoup plus loin via l’utilisation du dessin et du croquis. Je parlerai d’ailleurs volontiers de « grapho-langage ».

Je m’explique sur l’importance du dessin. Dans la facilitation, le but est de permettre aux personnes de se (re)connaître et de se projeter à l’aide du support qui leur est présenté. Je pense que chercher à permettre cette identification via des photos, comme on le voit souvent, est une fausse bonne idée.

Prenons l’exemple des atlas ornithologique indispensable pour l’identification des oiseaux. Il peut paraitre paradoxal qu’à l’ère du tout numérique et de la très haute définition photographique les bons atlas utilisent comme au XIXème siècle toujours le dessin. Et pourtant quand on y réfléchit un peu c’est très logique.

Car la photo va représenter l’individualité de l’oiseau, et non l’archétype du volatile. Même une trentaine de photos de cet animal ne saurait présenter l’archétype. Essayez et vous verrez : une identification est beaucoup plus fiable à partir d’un dessin que via une photo.

Si l’on revient dans le monde de story@board ; avec des photos représentant principalement des situations professionnelles, l’effet esthétique de cette représentation, sa dimension culturelle, la qualité haute définition contemporaine, son côté peut-être ‘papier glacé « glamour », suscitera un effet hallo qui nuira à  l’identification. A l’inverse le dessin permet d’illustrer l’archétype de l’image mentale que l’on cherche à représenter. Il permet par exemple de plaquer la diversité des émotions à partir d’une même représentation. L’illustrateur a d’ailleurs pris soin de donner aux visages une expression entre neutre et bienveillance pour mieux ouvrir les possibles. Celui qui le regarde peut beaucoup plus facilement faire sienne la carte, s’y projeter. Et c’est le but de la facilitation.

Quand je regarde les cartes story@board, je vois bien qu’il est très compliqué de créer l’équivalent avec des photos. Ici, l’image mentale qui est recherchée peut être exactement représentée, dans son archétype, sans bruit et sans contrainte inutile.

Que penser d’une dématérialisation de story@board par exemple sous forme d’une appli smart phone ?

Dans une ère où la dématérialisation des outils d’animation de groupe et d’apprentissage semble se généraliser notamment avec les serious game et autres gamifications, je remarque au contraire ces temps-ci une re-matérialisation des instruments de facilitation.

Je citerai par exemple ces jeux de cartes :

1° AFK (Away From Keyboard) produit par Spintank qui couvre le monde du web 2.0.

2° #ReFaire, produit par la FING centré sur l’émergence d’un nouvel écosystème industriel et qui est  actuellement en campagne de « crowd funding »

Dans le même ordre d’idée Evernote, le logiciel de capture d’information,  propose de charger les Post-it  papier et les pages des carnets de notes Moleskine directement dans son application.

Maitriser la complexité et inventer le monde de demain ne se fera pas directement sur les smartphones ou sur le web mais d’abord et avant tout avec du papier, du carton, des feutres, des croquis et des dessins ! Les appli sont évidemment utiles mais après la phase d’émergence.

story@board a su être un précurseur en restant au plus près de l’humain via l’utilisation de la pensée visuelle et du papier.

Il a, me semble-t-il, tout intérêt à persévérer dans cette veine plutôt que de se diluer dans le monde des portails d’application interchangeables.

source : Story@board

23/09/2013

Mise en scène en Sankey des informations de E Snowden

Bel exemple réalisé par Martin Grandjean de diagramme de Sankey pour représenter l'utilisation des  flux financier liés aux programmes d'espionnage américains

 

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Je vous laisse comparer, comme le billet d'origine y incite,  avec la visualisation proposée à l'origine sur ce Black Budget par le Washington Post 

 

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Je suis a peu près sur que je serai passé à coté de l'information importante pour moi à savoir que seulement 11 % de ce budget est consacré à l'analyse de données  (6,2 milliards sur un budget total de 52,6 milliards). Vive le Sankey ! 

09/09/2013

DRM lab

A l'heure ou parait-il les imprimantes 3D vont refaire le monde j'ai adoré ce dispositif improbable qui robotise un des actes les plus nobles celui de la lecture ... pour pouvoir échapper aux droits d'auteur façons DRM.

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Korben (upgrade your brain) présente ce clip de 2' de la façon suivante : 

Voici une technique peu orthodoxe pour déjouer les DRM présents sur les ebooks du Kindle. Peter Purgathofer un prof de l'Université de Technologie de Vienne a mis au point un petit montage avec des Lego Minstorms, un ancien Kindle et un MacBook.

La partie en Lego fait office de robot afin d'appuyer sur le bouton "page suivante" du Kindle, ensuite le Mac prend en photo l'écran et cette photo est envoyée vers un service en ligne d'OCR (semblable à FreeOCR). Le texte peut alors être réassemblé en un epub 100% sans DRM.

PS : Je confirme que les DRM sont vraiment une plaie. Cet été encore je n'ai pas pu profiter d'une chanson acheté légalement pour une sombre historie de mot de passe. 

PS 2 / Merci à Christophe (Tricot) pour le lien !  

08/09/2013

The Nerver-Ending Map of Imaginary Cities

Les lecteurs de Serial Mapper font aussi leur rentrée ! 

Blandine Pidoux, fidèle lectrice et contributrice , me signale le clip de Jerry Gretzingerqui, depuis 1963, dessine la carte sans fin de villes imaginaires en réintroduisant du hasard dans le processus.

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Pour construire sa carte monumentale Jerry a commencé par faire du doodling (du "graffiti") puis à un certain moment à introduit du "vide" et s'est appuyé sur un jeu de carte (vers 2'30) ad hoc pour réintroduire du hasard dans son oeuvre. Il a également accueilli dans sa carte monumentale des collages réalisés à l'aide d'images de presse.

Cette aventure fait évidemment penser à Sim City. L'histoire ne dit pas si les concepteurs du jeu vidéo ont été en contact avec cette démarche artistique

Il est extraordinaire que son auteur ait su  introduire les avantages de l'ordinateur (pour exemple pour gérer sa combinatoire grâce à Excel) sans renoncer à sa geste initiale même après tant d'années.

Amis artistes : utilisez à fond les possibilités des nouvelles technologies, mais évitez les oeuvres purement virtuelles : vous perdrez trop  notamment en terme de contact corporel ! 

PS : j'en profite pour remercier toutes celles et tous ceux qui m'envoient des ressources et des suggestions.  

Syrie : que peut la visualisation ?

Visual ly (Allison McCartney )vient de consacrer un billet  à la Syrie intitulé Syria Visualizations illustrate complexity and division 

La particularité de cette publication c'est que tous ces dispositifs graphiques ont été publiés par la chaine TV AL Jazeera qui suit de très près le conflit depuis l'origine. Nous sommes habitués à travers les infographies de tous genres à voir tous les aspects de la vie nord américaine disséquée (y compris les plus futiles) même si le printemps arabe avait donné son lot de visualisation très intéressante.

C'est maintenant ce conflit majeur qui est mis en scène par l'ensemble des régions du monde. Malgré la réputation détestable de la chaine Al Jazeera je ne suis pas sur que les infographies produites par le monde occidental en sortent toujours indemne.

 

 

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PS : La Syrie est une vraie tragédie et nous ne mettons que trop la tête dans le sable. On raconte et on lit beaucoup de bêtise. Pour mieux vous faire une opinion voici une excellent article du Point : 10 aberrations sur le conflit en Syrie qui rappellent notamment les débuts fort pacifique de la révolution syrienne

02/09/2013

Femme Actuelle fait la promotion du mind mapping

Décidément le Mind Mapping est à l'honneur pour cette rentrée. Il a été sélectionné par l'hebdo leader de la presse féminine (tirage = 1 million d'exemplaires) comme "outil efficace pour mieux s'organiser" 

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A noter que l'article s'achève  sur une invitation à utiliser l' ouvrage Visualiser sa vie de Xavier Delengaine et Salma Otmani "pour s'entrainer" : 

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01/09/2013

Une mind map dans une pub grand public !

Vous avez peut être remarqué la pub Peugeot pour vanter le design de ses voitures  qui tourne en boucle notamment sur les grandes chaines TV en ce moment. 

Dans ce clip, diffusé mondialement, vous trouverez une surprise : dés la 4 ème seconde ont voit apparaitre une image fugitive d'une carte heuristique.

 

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A priori il ne s'agit pas d'une image subliminale puisqu'elle est facilement détectable (enfin au moins par moi ;-°)).

Vu les sommes probablement investies dans ce (très) court métrage ils auraient pu mettre un peu de couleur dans cette mind map mais bon on leur pardonnera ! 

 

27/08/2013

Coupez le son, ouvrez les yeux et écoutez la musique !

 Courrier International se fait l'écho d'une étude de l University College de Londres qui tendrait à montrer que "la musique s'apprécie avec les yeux" : 

 

"Une centaine de musiciens professionnels et autant de participants ayant peu ou pas d’expérience musicale étaient appelés à deviner, parmi trois finalistes, quel était le vainqueur de dix prestigieux concours internationaux de musique classique. Les résultats laissent sans voix. 

(...)

Le taux de réussite est beaucoup plus élevé lorsque les cobayes regardent une vidéo sans son que lorsqu'ils visualisent une vidéo sonore ou a fortiori écoutent un simple enregistrement audio

La psychologue Chia-Jung Tsay, auteur de l’étude et pianiste concertiste, avoue avoir été troublée par ces résultats. ”C’est étonnant de trouver un tel écart entre ce que l’on pense important dans l’évaluation d’une performance musicale et ce qu’on utilise effectivement pour juger cette performance”, note la musicienne dans Nature. Manifestement, la musique est aussi une affaire visuelle, où passion et motivation parlent fortissimo."

 

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Pourquoi ne pas en profiter pour (re) découvrir le beau livre (mais ardu !) d'Olivier Cullin (voir ci dessus) qui nous rappelle que "la concurrence entre la vue et l'ouïe" est une vieille histoire qui a hanté l'occident notamment depuis la Bible. Ce livre raconte pourquoi dans nos contrées la musique est écrite depuis fort longtemps.



23/06/2013

Gabs, dédicace et reportage graphique

Gabs ... Si ce nom ne vous dit pas quelque chose, ses dessins ne devraient pas vous être  inconnus. Mais si vous savez bien : Client y'en a marre !!!  Changement je me marre !  et mon préféré Lapsus révélateurs de la vie de bureau 

Vous avez certainement croisé ses oeuvres au détour d'un organe de presse ou l' un de ses ouvrages sur le bureau d'un collègue voire sur une cimaise : 

 

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Gabs est un véritable cartooniste de l'entreprise et c'est quelqu'un que j'apprécie depuis des années. Au-delà de la notion d'éditorial graphique souvent associé  au dessin d'humour (cf. Plantu et consort) Gabs se livre à une véritable mise en abime des tics, des tocs et des manies des managers de tous poils. Le "diable" va souvent très très loin dans sa mise à nu des modes managériales.

Seule litote on a beaucoup de mal à capitaliser sur l'éclair de lucidité provoqué par ses dessins, le quotidien reprend vite le dessus (mais ça, ce n'est pas la responsabilité de l'artiste ...).

Bref je n'ai pas boudé mon plaisir quand au détour d'un vernissage j'ai participé à une séance de dédicace.  Ce fut l'occasion pour moi de découvrir que Gabs a été un grand précurseur. Il a été très tôt sollicité par des grandes entreprises pour réaliser des reportages graphiques lors de grands événements internes. Pas vraiment adepte du direct il a choisi de faire une restitution unique à la fin en mode "stand-up". Il monte sur scène comme un vrai comique et commente ses dessins. Nos modernes facilitateurs graphiques auraient certainement à apprendre de ce précurseur !  Apparemment certaines directions générales apprécient ses moments de franchise.

Enfin la dédicace ci-dessous tend à prouver que le Serial Mappper fait des progrès : il est maintenant capable de faire autre chose que des cartes ;-°))

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13/06/2013

Data journalisme et Mooc : l'interview d'Olivier Delteil

 

 

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Bonjour, Olivier Delteil, nous nous sommes rencontrés notamment à Metacarto . Tu fais parti du pôle numérique du journal Les Echos. En début d’année tu as choisi de suivre le Mooc (en savoir plus)  d’ Alberto Cairo sur le data journalisme. Pourquoi t’es-tu engagé dans une telle aventure ?  

J’ai souhaité suivre ce cours pour 2 raisons principales :

1) tester l’apprentissage et l’acquisition de connaissances en étant 100 % en ligne

Le coté expérience collective et multi culturelle a renforcé cette envie. De plus je maitrisais déjà les outils en ligne utilisés par cette formation.

2) monter en compétence sur un sujet pertinent pour moi

Je recherchais bien sûr un état de l’art sur les techniques d’infographie et le data journalisme, mais également une ouverture sur l’exploitation raisonnée des données pour produire du story telling.

 

En pratique ça se passe comment un Mooc sur le data journalisme ?

 Je ne peux répondre que pour celui de Cairo. J’ai tout de suite été rassuré par le mode d’évaluation ! Trop de cours en ligne se contentent de procéder à des quizz (QCM) en ligne.

 

Attention cependant, il ne s’agit pas d’un parcours de dilettante. Nous étions 4 à 5 000 au départ et j’estime qu’environ 500 personnes ont suivi le cours jusqu’au bout. Le cours a duré 6 semaines et j’y ai consacré 8 heures par semaine au minimum. J’ai alterné entre mon iPad et mon PC.

C’était un gros effort, mais j’ai été très satisfait par le coté « mise en pratique » de cette formation .

Dès la troisième semaine nous étions mis dans le bain avec des cas pratiques de Data Vis à réaliser. Au début la base de données et les sources étaient fournies, mais pour les 2 dernières semaines il fallait trouver soi-même tous les éléments. On se retrouvait alors dans une vraie situation professionnelle.

 L’équipe pédagogique était réduite à Alberto Cairo et son assistante. Ils arrivaient à corriger plusieurs centaines de data vis par semaine ?

 Non bien sûr ! Le cours reposait sur un principe d’évaluation entre apprenants. Nous étions tour à tour évalués et évaluateur. Chacune de nos  data vis devait être revue par 1 à 3 participants. Au fil des semaines j’ai ainsi été évalué par un brésilien, un espagnol, une Américaine, une Ukrainienne... J’en profite pour signaler que les Français brillaient par leur absence : 25 personnes étaient localisées à Paris au lancement du Mooc...

L’évaluation de pair à pair était encadrée par une grille en 5 points. Ces exercices ont donné lieu à des échanges très riches avec mes collègues. Être évaluateur est également intéressant en terme de posture et d’apprentissage.

J’ai apprécié également la disponibilité d’Alberto Cairo pour les apprenants sur Twitter et par mail.

Au final quel est ton bilan ?

Ce Mooc a vraiment été un accélérateur de compétence pour moi, beaucoup plus que ce que j’escomptais ! Je sais maintenant que ce type d’approche en ligne est pertinent pour acquérir des nouvelles compétences techniques et/ou théoriques.

Même si je regrette de ne pouvoir, pour des raisons évidentes, prolonger cette expérience en échangeant en réel avec Alberto Cairo et les participants, ce type de cours permet de rencontrer et de se faire reconnaître par une communauté d’intérêts.  

 Comment bien choisir un Mooc ?

 Dans mon cas j’ai été attentif à 2 composantes :

  1) un enseignant de classe mondiale comme le montrent le parcours et les publications d’Alberto.

2) Une institution - la Knight Fondation for Journalism  - référence pertinente pour l’ensemble des journalistes dans le monde.

Un message pour nos lecteurs ?

 Il faut noter que, si s’engager dans ce type de démarche demande du temps et du travail , l’offre est totalement gratuite. Pas besoin d’acquérir des ouvrages, on pouvait utiliser les logiciels  Illustrator ou Tableau Software qui étaient fournis gracieusement pour la durée du cours.

Il y a juste 30 dollars à payer à la fin pour obtenir une certification à entête (1)  si on le désire. En ces temps de crise, cela peut donc être un excellent moyen d’augmenter ses compétences et son employabilité.

un autre témoignage :

mooc.png

Pour aller plus loin  : 

- mon billet sur une carte qui ne se Mooc pas du monde et l'interview de ses concepteurs  

 - "lost in the Moocs : l'apprenant rêvé des Moocs " une vision critique et très documentée par l'un des blogs de référence en matière  de formation

Appel à nos lecteurs :  

Vous connaissez  d'autres Moocs dédiés à la mise en scène de l'information ? Vous avez un témoignage à faire partager sur une formation en ligne ? Contactez-moi ! ou déposez un commentaire 


 (1) Le certificat est délivré par la Knight Foundation et l’Université du Texas à Austin